Collectif Petite Enfance 06 représenté par une EJE responsable d’un jardin d’enfant, une auxiliaire
de puériculture, une EJE en multi accueil et une EJE en crèche familiale.
L’entretien a duré 1 heure, dans une ambiance cordiale et d’écoute mutuelle. Nous nous sommes
présentées en précisant la profession de chacune, puis avons présenté le collectif.
Nous avons exposé la raison pour laquelle nous nous adressions au député par son intermédiaire :
faire remonter les inquiétudes du collectif auprès du gouvernement, suite aux préconisations du rapport Tabarot et aux mesures déjà engagées (lancement des jardins d’éveil, 4ème agrément des ass mat). Sentiment d’un manque de concertation des associations professionnelles concernées : Fneje, associations des psychologues, médecins
de PMI, puéricultrices, auxiliaires puer, ass mat.
Nous avons précisé qu’il s’agissait d’un mouvement apolitique et pluridisciplinaire, centré sur
l’intérêt de l’enfant et de sa famille.
Les objectifs de notre rencontre ont ensuite été
développés :
* Le questionnement et l’inquiétude des professionnelles à la lecture des projets de décrets, des maisons d’assistantes maternelles qui regrouperaient
plusieurs Assistantes maternelles dans un local sans supervision ni suivi technique, sauf peut-être si la commune qui fournit le local souhaite un retour du travail effectué. Egalement la
question du 4ème agrément déjà légiféré.
* Nos inquiétudes par rapport à la qualité d’accueil du jeune Enfant, même si d’après les dernières informations le taux d’encadrement ne devrait pas changer.
* Nos questionnements à la lecture de la méthodologie des jardins d’éveil, à savoir :
~ En toute première page l’expression : « permettra de répondre facilement aux besoins des
communes… » ; « facilement » nous fait craindre des manques de moyens , ou des moyens inadaptés, notamment dans la diversité des professionnels
proposés, non qualifiés, ce qui est le cas du BAFA.
~Ceci nous a amené à parler de la difficulté pour les jeunes qui le désirent d’intégrer une école
d’auxiliaire de puériculture, du fait de la difficulté du concours et du coût de la formation qui n’existe qu’en école privée dans la plupart des régions.
Nous avons émis la proposition de
faciliter l’accessibilité de la formation d’auxiliaire puéricultrice puisqu’on a du mal à en recruter.
~Nous pensons que ces nouvelles propositions viennent s’ajouter, peut-être modifier les décrets d’août
2000, puis 2005 et 2007, sans l’évaluation préalable de l’ offre faite aux familles, qualitativement et quantitativement depuis le fonctionnement en multi-accueil et la mise en
place de mini-crèches par exemple.
Nous avons demandé une évaluation
QUALITATIVE des modes d’accueil existants.
~Nous avons insisté sur les taux d’encadrement déjà existant par rapport à l’âge des enfants, et
l’amplitude horaire, ainsi que notre inquiétude quant à l’obligation d’accueillir jusqu’à 20% d’enfants en surnombre.
En effet aux dernières journées de l’enfant à Nice, Agnès Florin, chercheur,
insistait sur l’importance d’un taux d’encadrement suffisant, de la formation du personnel et de l’adéquation des locaux pour garantir un accueil de qualité des enfants et de
leurs familles.
Nous avons insisté sur l’importance de
notre position d’experts, sur l’existence de travaux de chercheurs tels qu’Agnès Florin sur la qualité de l’éducation de la petite enfance : il en ressort la nécessité de faire appel à des
professionnels possédant une formation spécialisée et actualisée sur le développement de l’enfant ; de constituer des groupes d’enfants en petits effectifs… Là-dessus M.
Azinheirinha semble être du même avis.
~Les études faites montrent que les enfants accueillis en
petits groupes par de petites équipes sont plus adaptées que les grands groupes (24) et plus d’adultes ensemble dans une même pièce.
~Autre point, il nous semble, à la lecture du projet des
jardins d’éveil, qu’il y a une méconnaissance de ce qui se fait déjà dans les groupes de « grands » de nos multi-accueils et dans les jardins d’enfants déjà existants et bien
adaptés pour les 2-3 ans.
~Dernier point abordé : le coût annoncé pour un enfant
pour les jardins d’éveil, nous paraît très en dessous de ce qui est possible, en comparaison avec les prix de revient actuels (à repréciser, ainsi que la participation des
familles).
*Nous avons exprimé la nécessité de mettre
en place un référentiel qualité pour l’accueil du jeune enfant.
Mr Azinheirinha nous a reçu très cordialement, a bien compris
notre souhait de faire remonter à Mme Morano nos inquiétudes.
o S’est intéressé aux différents collectifs, professionnels et parents, ainsi qu’aux associations de professionnels déjà existantes, et a demandé si des représentants de ces
collectifs et associations étaient conviées à des tables rondes au niveau national.
o Nous a redit le besoin urgent en places d’accueil supplémentaires et nous a assurées que le souci de la qualité était bien sûr un des principaux soucis des élus.
o Nous a dit souhaiter un débat entre le secteur petite enfance et l’école maternelle et a dit également être très intéressé par les classes passerelles, situés dans des locaux
scolaires (moins coûteux), avec ½ poste d’enseignant et ½ poste d’EJE. Il s’oppose à la suppression des classes de maternelles.
o A la fin de l’entretien, M. Azinheirinha nous a informé qu’il transmettrait les inquiétudes et le point de vue du collectif au député de leur groupe chargé de la petite
enfance.
Nous lui donnons les documents faits par le collectif et toutes les informations le
concernant.